Gordon Brown, the underdog

9 novembre 2009

Gordon Brown subit aujourd’hui les foudres d’une frange de la population anglaise, menée par le Tabloid The Sun.
http://www.thesun.co.uk/sol/homepage/news/campaigns/our_boys/2720283/Prime-Minister-Gordon-Brown-couldnt-even-get-our-name-right.html

Les raisons de cette colère populaire tiennent en quelques lignes, récemment rédigées par le Premier Ministre et envoyées a Madame Jacqui Janes, pour lui présenter ses condoléances suite au décès de son fils, Jamie Janes, tué en Afghanistan au cours du mois le plus meurtrier pour les forces britanniques depuis la guerre des Malouines.
Dans cette lettre publiée par The Sun, il apparaît que le Premier Ministre aurait incorrectement écrit le nom de Madame Janes tandis que le reste de sa lettre se caractérise par une écriture plus que difficilement lisible (ce qui tient en grande partie au handicap peu connu de Gordon Brown, qui a perdu l’usage d’un œil tandis que le second est réputé défaillant).

Au-delà de la colère excusable (et compréhensible dans une certaine mesure) de la mère du soldat tombé en action, cette affaire m’interpelle car elle souligne la difficulté du service politique.

Si je n’ai guère de sympathie pour Gordon Brown en tant que politique, l’acharnement médiatique qui s’abat sur lui m’apparaît tout simplement injustifiable pour l’homme lui-même (le Guardian, le Times reprennent l’information sans grande distance).
Il est certain que le Premier Ministre a commis une erreur, pour laquelle il a d’ailleurs présenté ses excuses. Mais une telle absence de recul sur un homme qui poursuit (au-delà de toute considération partisane) le service du Royaume-Uni depuis 20 ans, me parait le signe d’une curée malsaine. Pour tout dire, elle dévoile une détestation des hommes politiques qui ne fait guère honneur aux citoyens ni aux journalistes qui entretiennent cette spirale haineuse envers un responsable en fin de mandat.

Le combat politique a ses vilenies et ses bassesses, mais il reste aussi le plus haut service de la chose publique. Marquer son mépris des hommes politiques, sur un plan qui ne serait plus celui des idées mais celui du style, est parfois la meilleure manière de garantir, en retour, leur propre mépris pour le commun des citoyens.
Manquer a sa propre responsabilité, celle d’un jugement éclairé et même parfois bienveillant sur nos représentants, c’est précipiter le manque de décence que l’on attend tellement d’eux.
Dans la cohue des aboiement politiques, il est aisé de mordre en cachette. C’est bien plus surement dans le silence que l’on verra en pleine lumière la morsure intolérable qui dévoile la petitesse d’âme de celui qui brigue nos suffrages.

En écrivant de sa main une lettre aux proches de ce soldat, Gordon Brown fait preuve d’une compassion que les électeurs réclament souvent sans succes de leur dirigeants. Au-delà d’une erreur bien humaine, Gordon Brown fait signe d’une proximité du pouvoir dont nous ne saurions trop nous réjouir. Utiliser cette faille pour souligner sa faiblesse, est indigne.

Lors d’un combat ou d’une joute verbale par trop déséquilibré, il m’apparaît souvent indispensable de voler au secours de celui qui a le dessous. Non par esprit de contradiction ou parce que je croirai que l’on a souvent raison contre la foule, mais parce qu’il y n’y guère de plus grand honneur que de vaincre sans humilier. C’est une question de décence.
Il nous faut parfois prendre le parti de celui qui perd la main… Nos voisins anglais disent « Always go for the underdog ».

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